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La Pousada Marabu - Bresil

Par : Ludmilla Terres, le 07 Février 2015 à 12:49

Le Brésil est un pays connu pour son exceptionnelle biodiversité mais également pour les dommages environnementaux quelques fois irrémédiables qui l’affectent. Peuples indigènes, espèces végétales et animales et ressources naturelles en sont les principales victimes.

Sans aborder le nord du pays - car étranger à mes pas - les lignes suivantes se concentrent sur la situation écologique au sud du Brésil. Elles témoignent d’un exemple d’actions environnementales menées par Daniel Steidle, fervent défenseur de l’environnement que nous avons eu la chance de rencontrer lors de notre semaine passée dans la Pousada Marabú (état du Paraná, sud du Brésil). Cet homme d’une cinquantaine d’années, à la double nationalité suisse-brésilienne, vit avec sa famille dans une ancienne ferme de café voisine. Il nous a chaleureusement accueillis chez lui le 20 décembre pour nous présenter ses actions et les projets environnementaux au sein desquels il est impliqué.

 

Daniel est alors arrivé avec une caisse en bois qu’il a déposée devant nous puis ouverte pour en libérer un serpent. « Dans cette région du Brésil, les reptiles sont régulièrement tués par des personnes » commence par nous expliquer Daniel Steidle. Il nous a alors expliqué que la peur d’être mordu ou la fierté de tuer constituent les principales raisons de ce comportement. Pourtant, « les serpents ne sont pas dangereux et n’attaquent qu’en dernier recours pour se protéger» nous explique-t-il.

Daniel prononce également ces mots aux classes scolaires et aux enfants qui viennent à la ferme. En effet, l’éducation environnementale représente sa principale activité. Selon lui, il est essentiel de « reconnecter » les enfants - qui habitent pour certains dans les grandes villes - à l’environnement et de leur apprendre à le respecter. Ses actions sont également motivées par la volonté de sensibiliser les futures générations à la beauté et à la diversité de la nature ; en utilisant, en autres, la voie artistique comme moyen d’expression. Il prône notamment la liberté de parole et d’opinion. Ainsi, à l’aide de divers matériaux, qu’il nous a exposés : photographies, peintures, paroles, objets … Daniel met en place une pédagogie sociale et environnementale.

 

A travers ses propos et ses actions (éducatives et politiques), Daniel agit et se bat contre la déforestation qui affecte son pays et plus particulièrement sa région. En effet, l’Etat du Paraná n’est pas épargné par ce phénomène et a perdu la majorité de ses forêts. A titre d’exemple, Daniel « crée » des écosystèmes naturels en laissant la végétation reprendre sa place initiale sur certaines de ses parcelles agricoles, là où nous avons relâché le serpent quelques minutes plus tard. Le résultat est positif car certaines espèces animales - qui avaient quitté les lieux - ont été observées dans ces nouvelles forêts par la famille Steidle. Ce processus nommé résilience en écologie, est à encourager.

 

Nous avons demandé à Daniel : « Quel est ton projet actuel ? » En ce moment, son énergie est dirigée vers l’élaboration d’un film concernant les ressources en eau. Ces dernières se trouvent dans une situation critique, notamment en raison de la déforestation. Comme il nous explique, « les arbres sont indispensables à l’infiltration de l’eau dans le sol ». Nous abordons notamment le cas de la ville Sao Paulo qui connaît actuellement une très importante pénurie d’eau. Certains chercheurs de l’Institut National de Recherches Spatiale mettent actuellement en évidence le lien entre cette situation et la destruction de l’Amazonie. Selon Daniel, il faut résoudre le problème à la racine. Il prône l’utilisation des services écosystémiques rendus par la forêt tropicale dans le cycle de l'eau. Pour cela, il faut reboiser certaines terres et leur attribuer une valeur monétaire. Ces questions cruciales seront traitées au travers de ce film de sensibilisation, afin d’éveiller les consciences.

De manière générale, Daniel Steidle est optimiste et espère qu’un changement conséquent va s’opérer et ce, le plus tôt possible, pour que le “D” de Déforestation laisse place au “Rde Reforestation.

 

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Et retrouvez ses précédents articles : Des nouvelles de Ludmilla et Ludmilla Terres : Conserv-Action repart en mission !

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