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Coup de projecteur sur?

Par : Ludmilla Terres, le 09 Mars 2015 à 11:28

Coup de projecteur sur…

Notre séjour au Pérou s’achève au moment où nous prenons la route vers le sud – finalement, Lima restera en dehors de notre périple. 

Je ne peux tourner la page péruvienne sans aborder en quelques mots les actions réalisées en faveur de la faune du pays par deux associations environnementales – que nous n’avons pas visitées mais qui méritent grandement que l’on parle d’elles – Ikamaperu et Proyecto Mono Tocón.

 

La première nommée est une association franco-péruvienne fondée en 1997. Elle agit sur plusieurs fronts : (1) la remise en semi-liberté de singes laineux et de singes araignées, (2) des programmes de reforestation et (3) des missions éducatives et de sensibilisation afin de lutter contre le trafic illégal d’espèces animales. En collaboration avec l’association Proyecto Mono Tocón, Ikamaperu s’investit pour la conservation du Titi des Andes (Callicebus oenanthe), endémique à la vallée de l’Alto Mayo et menacé d’extinction. N'hésitez pas à parcourir leur site internet : http://www.ikamaperu.org/

 

Lagotriche ou Singe laineux (crédit photo : Ikamaperu)

 

La seconde, fondée en 2009 à Moyobamba – au nord du Pérou – protège également la biodiversité péruvienne avec une attention particulière portée au Titi des Andes (Callicebus oenanthe). Ses actions prennent place au sein de trois départements : 

  • Conservation = accroître les espaces protégés et freiner la déforestation par exemple
  • Education= promouvoir les actions environnementales des populations locales vivant à proximité des espaces protégés et diminuer l’impact de l’homme sur l’environnement
  • Recherche = augmenter les connaissances sur le Titi des Andes et les autres espèces de primates peuplant la région.

 

L’association tente également d’éveiller les consciences politiques et d’encourager la création d’une législation en faveur de la nature. L’équipe de Proyecto Mono Tocón travaille en étroite collaboration avec le Conservatoire pour la Protection des Primates (France) et l’association Sugkamat (Espagne). Pour en savoir plus : http://www.monotocon.org/

 

Titi des Andes (crédit photo : Proyecto Mono Tocon)

 

Agriculture biodynamique en Argentine

Nous posons nos bagages pour plusieurs jours – une vingtaine au total – dans la ferme viticole Alpamanta, dont la traduction en Quechua signifie « Amour pour la Terre ». Nous y travaillons en tant que « woofers », c’est-à-dire que nous sommes hébergés – dans une charmante maisonnette –  en échange de notre participation aux travaux de la ferme. Située aux pieds des Andes, Alpamanta produit du raisin de façon biodynamique. 

 

Qu’est-ce que l’agriculture biodynamique ? Ses fondements reposent sur ceux-là même utilisés en agriculture biologique. En effet, comme l’annonce le petit panneau « no contaminar » à l’entrée de la finca, aucun produit chimique n’est appliqué sur les cultures. Elle se différencie de l’agriculture biologique par son approche globale et la prise en considération de tous les éléments de l’environnement. Concrètement, les diverses activités de la ferme sont rythmées par un calendrier prenant en considération les phases lunaires et indiquant les jours adéquats pour planter, tailler, collecter et appliquer le compost ainsi que les préparations biodynamique. Celles-ci, propres à ce mode de culture, consistent en des mélanges de plantes compagnes dont l’association permet de lutter contre les parasites.

En plus des vignes, de nombreux arbres fruitiers et oliviers centenaires prennent leurs aises à Alpamanta. Nous nous sommes régalé de pommes, poires, prunes, pêches, nectarines ... Les animaux de ferme ont également une place importante en biodynamie, notamment pour la constitution du compost. Poules et moutons, « tondeuses écologiques » entre les vignes – excepté lorsque les arbres sont chargés de grappes – évoluent librement et paisiblement sur la propriété. Jour après jour, nous constatons et observons la riche biodiversité liée à ce type de pratiques agricoles. Papillons, abeilles, scarabées, fourmis, mantes religieuses, araignées – dont, pour certaines, il est préférable de ne pas trop s’approcher… – font le bonheur des oiseaux environnants tels que la Chevêche des terriers (Athene cunicularia), symbole des vins Alpamanta, la Conure veuve (Myiopsitta monachus), le Guira cantara (Guira guira)… Au sein des cultures conventionnelles, cette biodiversité est très réduite voire absente, à méditer !

 

Mais comment est née cette ferme biodynamique dans un pays ou l’agriculture biologique est aujourd’hui vraiment ! peu développée ? Pour la petite histoire, les engrais chimiques ont fait leur apparition en Argentine dans les années 90. Auparavant, les cultures étaient « traditionnellement » biologiques. Quinze ans plus tard, en 2005, la finca Alpamanta voit le jour sous l’égide de trois amis, Autrichien, Suisse et Français. Ils furent inspirés par les idées de Rudolf Steiner, philosophe et penseur Autrichien, dont les enseignements ont fondé les bases de la biodynamie dans les années 1920. Le procédé « de la grappe de raisins à la bouteille de vin » suit également les principes de l’agriculture biodynamique. La fermentation est assurée par les levures naturellement présentes sur les grappes, et non par ajout de levures industrielles (les producteurs conventionnels se voient dans l’obligation d’ajouter ces dernières car les levures naturelles sont détruites par les produits chimiques). Pour cette étape, Alpamanta utilise des réservoirs en ciment permettant un mouvement interne du liquide sans manipulations chimiques – alors que les réservoirs en acier sont conventionnellement utilisés. Finalement, Alpamanta produit des vins de qualité – l’accent n’est pas mis sur la quantité – à partir de grappes en bonne santé !

 

Durant notre séjour à la ferme, nous avons aidé à l’entretien des vignes et du potager. Nous sommes arrivés au moment où les grappes arrivent à maturité et sont prêtes à être récoltées. Ainsi, il a fallu préparer les vendanges et, sécateur à la main, y participer. Alpamanta est un lieu paisible et plutôt isolé – le premier village se trouve à environ 7 km – avec une belle philosophie et une vue imprenable sur la cordière des Andes.

Nous avons adoré notre séjour !

 

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Retrouvez mes précédents articles : Inti Wara Yassi, refuge pour les animaux de Bolivie, Daniel Steidle, défenseur de l'environnement au Brésil et Ludmilla Terres : Conserv-Action repart en mission !

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