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Palenque : au royaume de Pakal le grand

Par : Julien Chapuis, le 30 Avril 2013 à 21:42

Palenque, ses ruines mayas millénaires, ses temples vertigineux et sa forêt tropicale humide aussi luxuriante qu’inextricable, tout un programme pour les explorateurs que nous sommes.

Traversée de la forêt tropicale : trésor de biodiversité

Nous profitons des premières lueurs du soleil pour entamer notre traversée de la forêt de Palenque, qui est une, si ce n’est la réserve forestière la mieux préservée du Mexique. A chaque pas la même impression, le même sentiment de découvrir un peu plus du trésor de biodiversité qui nous est offert en ce lieu. Animaux, végétaux, la nature est en perpétuelle émulation et nous offre un spectacle sans pareil.

La végétation reprend ses droits sur les constructions humaines.

Une plante épiphyte.

Palenque : un site archéologique unique au monde

Là, en plein cœur de la forêt, se dressent les temples mayas de Palenque, navires de pierre émergeant d’une mer de végétation. Grandiose, monumentale, démesurée, les adjectifs ne manquent pas pour décrire l’architecture du lieu. Le site composé de 3 structures principales : (1) le palais, (2) le temple des inscriptions et (3) le groupe de la croix, est classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis plus de 25 ans. Pour l’heure, seulement 10% de cette cité auraient été mis à jour (1000 structures se trouveraient enfouies sous la forêt) laissant planer nombre de mystères autour de son histoire.

Le palais : plus grand édifice mis à jour à Palenque.

Son rôle au sein de la cité reste encore hypothétique (hyp. cérémoniel, administratif, tour pour l´étude des astres)

Palenque : royaume du jaguar et de Pakal le grand

Balhamkin (jaguar soleil) serait le nom maya à l’origine du mot Palenque, indiquant l’endroit où le Soleil plonge dans l'inframonde : le royaume du jaguar. Cette hypothèse fait échos à la symbolique maya où la notion de « monde » se compose de 3 unités : (1) le monde de l’homme, (2) l’inframonde où l’on retrouve 9 dieux (équivalent du concept judéo-chrétien d’enfer) et (3) le cosmos où 13 différents dieux sont réunis (équivalent du concept judéo-chrétien du paradis).

Reconstitution des frises de hiéroglyphes recouvrant le tombeau de Pakal.

Les édifices mortuaires présents à Palenque sont les marques indélébiles de la croyance des mayas envers leurs dieux et du lien existant entre ces 3 mondes. A ce titre, le temple desinscriptions fût érigé par Pakal le grand comme son propre monument funéraire et la voie de passage de son âme depuis le monde jusqu’au cosmos.

Représentation hiéroglyphique de Pakal le grand.

Ceiba : l’arbre sacré des mayas

Quel meilleur symbole de la connexion entre les 3 mondes mayas que le ceiba(Ceibapentandra). Cet arbre monumental, pouvant atteindre 70m de haut, représente la voie de passage des âmes depuis le monde (=tronc) en passant par le monde souterrain (=racines) jusqu’au cosmos (=canopée).

Ceiba : l´arbre sacré des mayas.

Palenque : une diversité culturelle et biologique à préserver

Du haut d’un des trois temples du groupe de la croix, la quiétude des lieux nous imprègne et nous fait oublier, l’espace de quelques instants, la vie foisonnante qui a court autour de nous. Très vite, le silence se brise. Les cris rauques et gutturaux des singes hurleursretentissent dans la forêt environnante et recouvrent Palenque d’un voile de mysticisme.

Ces populations de singes hurleurs font l’objet de divers travaux menés par l’équipe du Dr Estrada. Leur résistance à la dégradation de l’habitat (en comparaison avec des populations menacées par la déforestation), leurs liens sociaux et les aspects fonctionnels de leur système complexe de vocalisations sont notamment étudiés afin de mieux les préserver.

Barbara tente d´observer les singes hurleurs dissimulés dans la canopée de la forêt de Palenque.

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