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Le début des ascensions

Par : Barbara Rthor, le 09 Juillet 2013 à 02:47

En parallèle de nos visites de projets de conservation, nous nous sommes fixés un défi, celui de gravir les points culminants des pays que nous traversons.

L'idée est née de voir ces pays sous différents angles, du fin fond de la vie locale agitée jusqu'aux paysages paisibles d'altitude.

Nous n'avons pas planifié les sommets du Mexique et du Belize dans notre parcours. 1 : Le sommet mexicain était trop éloigné de notre route, beaucoup plus au Nord. 2 : Le sommet bélizien quant à lui a été fermé en raison de fortes pluies.

Le volcan Pacaya

Comme prévu, nous avons donc débuté nos ascensions au Guatemala. En guise de mise en jambes, le samedi 29 juin, nous avons gravi le volcan Pacaya, situé à 1h de route d'Antigua. Le volcan Pacaya culmine à 2552m et a la particularité d'être toujours en phase active depuis 1965, très active même. La veille de notre ascension, il y aurait eu 10 explosions. La dernière éruption du volcan date de 2010 et les coulées de lave ont complètement transformé le paysage en un désert de poussière noire. Les explosions de lave et de cendres ont alors atteint 2kms de haut et 4kms de large et la ville de Guatemala, à 50kms de là, a été recouverte d'une pluie de cendres pendant 5 jours !

Vue sur les volcans Agua, Fuego et Acatenango depuis le volcan Pacaya.

L’ascension de Pacaya nous prendra 2h pour environ 4kms au travers de champs de maïs, de forêt secondaire et d’étendues de lave.

Dernière phase de l'ascension dans la poussière volcanique.

Au premier plan les coulées de lave de 2010 et en arrière plan, le sommet et cratère du volcan Pacaya.

Les gaz de soufre qui s’échappent du cratère sont facilement visibles. Certaines pierres volcaniques sur le chemin sont chaudes. Ce volcan vit, c’est indéniable ! Au sommet, la température a chuté et nous contemplons la danse de nuages épais.

Le cratère fumant du volcan Pacaya.

A quelques mètres du cratère.

Après avoir passé un long moment sur les pourtours du cratère, l’heure est à la descente. C’est alors la partie fun de l’aventure : la lave réduite en poussière volcanique se présente comme une piste raide de ski où l’on court à toute vitesse en s’enfonçant dans la poussière jusqu’à la cheville. Cela donne l’impression de courir sur la lune. Bien sûr, il faut éviter de plonger la tête la première dans la pente ! On arrive en bas en 45 minutes chrono !

Julien dans la pente.

Barbara dans la pente.

Cette première ascension a été une préparation idéale pour notre challenge suivant : la montée du point culminant de l’Amérique centrale, le volcan Tajumulco, 4220m.

Le volcan Tajumulco

Trois jours plus tard, nous voilà au départ de notre ascension phare de cette expédition, à l’entrée du chemin qui mène au sommet de Tajumulco. On est à 3000m d’altitude et le manque d’oxygène est déjà décelable. La première partie de l’ascension est assez difficile en raison de l’altitude et de la pluie qui ne tarde pas à arriver.

Point de vue lors de l'ascension du volcan Tajumulco.

La quasi intégralité du chemin se trouve dans de la forêt de pins ou des prairies et il y a aussi quelques passages d’escalade de roches un peu plus difficiles, surtout avec un sac de 15kgs sur le dos. C’est après une montée de 3h et 1000m plus haut que nous installerons notre camp de base, à 4000 m d’altitude.

Vue sur le sommet du volcan Tajumulco de notre camp de base.

On monte rapidement la tente sous un ciel menaçant. Le temps de se faire un petit sandwich et l’orage éclate. Il faut se dépêcher à faire des tranchées autour de la tente qui est sur le point d’inonder tellement le sol est gorgé d’eau.

Alerte inondation : en pleine mission de sauvetage de la tente !

Pour ajouter à la pluie, la température chute drastiquement. C’est dans les sacs de couchage que nous tenterons de nous réchauffer pendant quelques heures. Vient l’heure du « diner » : il faut se satisfaire alors d’un plat de pâtes raté et la journée s’achève tôt. On a prévu de se lever à 4h le lendemain et le repos est mérité.

Dernière photo à la nuit tombée avant de se remettre très rapidement au chaud dans les sacs de couchage.

Le réveil sonne à 3h45, ouf, il ne pleut pas. Il fait nuit noire. Quelques minutes suffisent pour enfiler nos vêtements les plus chauds possibles et se munir de nos lampes frontales, bouteilles d’eau et appareils photo. C’est parti, il n’y a pas de temps à perdre si l’on veut arriver à temps au sommet pour assister au lever du soleil. Il fait très froid mais la marche jusqu’au sommet nous réchauffe et heureusement que nos sacs sont restés au campement, car la pente rocailleuse n’est pas des plus aisées, surtout en pleine nuit.

Il est 5h30 à notre arrivée au sommet, le vent est glacial. Le jour n’est pas encore levé et la lumière est douce.

On attend patiemment le soleil au sommet de Tajumulco.

Dans l’idéal, on souhaiterait voir le soleil chasser l’épaisseur incroyable de nuages qui nous entoure. Il y a de plus en plus de lumière, mais il fait toujours aussi froid. Enlever ses gants pour prendre des photos et vidéos devient un challenge quasi insurmontable par peur de perdre nos doigts.

Nos souhaits sont exhaussés, les premières lueurs du soleil percent alors ! C’est un des plus beaux spectacles que la nature peut offrir. Les conditions sont optimales, les nuages se concentrent désormais à une centaine de mètres au-dessous de nous laissant le sommet complètement dégagé. Etre là, au sommet de l’Amérique centrale et avoir une vue à 360° sur des centaines de kilomètres à la ronde, ça a quelque chose d’irréel.

Quel panorama au lever du soleil sur le toit de l'Amérique centrale.

A 4220m, au sommet de l'Amérique centrale, une photo s'impose !

Après avoir passé plus d’une heure à contempler l’immensité, nous reprenons le chemin vers le camp. Un petit déjeuner au soleil s’impose.

On replie la tente, refait les sacs à dos et c’est parti pour la descente par une autre route à travers des coteaux herbacés et fleuris au faux air de nos montagnes françaises !

Dans la forêt lors de la descente.

Fleurs d'altitude.

Fleur d'altitude.

Un petit air de sous-bois français en haut de l'Amérique centrale.

Dernière photo de retour à 3000m.

Les trois heures de bus qui nous attendent pour rentrer à Quetzaltenango ont le goût de la satisfaction, de l’accomplissement. On s’endort paisiblement en se remémorant ces paysages d’une beauté foudroyante. On rêvait de cette sensation grisante de plénitude il y a encore peu de temps. La vie a bon goût quand vos rêves deviennent réalité.

Après nos premières ascensions, place au trek

Suite à cette aventure, nous avons entamé notre descente vers le Salvador et nous avons décidé de nous arrêter au lac Atitlan pour y randonner. Nous sommes arrivés il y a quelques jours à San Pedro la Laguna. Nous y avons travaillé (contacts des structures suivantes, écriture d’articles pour le blog, édition photo/vidéo…) dans un cadre très agréable.

Notre bureau improvisé avec vue panoramique sur le lac Atitlan.

Aujourd’hui, nous avons marché jusqu’à San Marcos la Laguna, soit 13kms, avec nos énormes sacs (>20kgs). Les paysages des bords du lac Atitlan valent largement le challenge, alors nous repartons demain, pour un autre village un peu plus loin, Santa Cruz la Laguna. 

Pause sur les bords du lac Atitlan.

Pour consulter la carte intéractive de notre parcours jusqu'ici, c'est par .

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