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Ludmilla Terres : Conserv-Action repart en mission !

Par : Julien Chapuis, le 05 Décembre 2014 à 11:25

Peux-tu rapidement te présenter ? Quel est ton parcours ? Quelles sont tes expériences, notamment dans le domaine de la conservation ?

Je m’appelle Ludmilla Terres, je suis une jeune diplômée française en biologie animale. J’ai grandi dans la charmante campagne morbihannaise, une jolie région « entre terre et mer » où ma passion pour le monde animal s’est naturellement profilée.

Je me suis alors orientée vers les sciences de l’environnement et plus particulièrement, vers l’écologie et l’éthologie (science du comportement). Ma première année de Master intitulé « Comportement Animal et Humain » (Université de Rennes1) fut complétée par une deuxième année de Master nommé « Biologie des Organismes et des Populations, Ecologie Comportementale » (Université de Dijon).

Mon parcours universitaire fut ponctué par des travaux concernant : la sociabilité de groupes de primates non-humains, les effets de la lumière artificielle sur les communautés d’invertébrés et les pertes de bagues plastiques posées sur les Flamants roses. Ce dernier stage, d’une durée de 6 mois, s’est déroulé au Centre de Recherche pour la Conservation des zones humides méditerranéennes (la Tour du Valat). Ce fut une expérience très enrichissante à travers les rencontres des scientifiques et la découverte de leurs projets menés sur de nombreuses espèces animales et végétales. Les chercheurs tentent de protéger ces espèces et de favoriser le dialogue entre les divers usagers des zones humides (lire ou relire Chroniques d’un ballet coloré).

Enfin, j’envisage de préparer un second Master en journalisme scientifique à la rentrée 2015 car je suis tout particulièrement intéressée par la vulgarisation scientifique et la sensibilisation.

 

Comment et pourquoi as-tu intégré l’équipe de Conserv-Action ?

L’information concernant la création de l’association Conserv-action est arrivée à mes oreilles au printemps 2013. Je m’en souviens très bien. L’un des maîtres de conférences de l’Université de Rennes 1 a transmis la nouvelle à notre promotion et j’ai tout de suite adhéré à l’idée. Au carrefour entre étude du comportement, biologie de la conservation, vulgarisation scientifique et éducation à l’environnement, le travail de Conserv-Action fait écho à mes valeurs et aspirations. C’est alors avec attention que j’ai suivi l’avancement du projet Conserv-action et de l’Expédition Biodiversité 2013. Cela a conforté ma volonté de m’engager en faveur de la conservation de la biodiversité.

 

Pourquoi cet intérêt pour la conservation ?  Cet engagement, en lien avec la protection de la nature, en quoi est-ce important pour toi ?

Mon intérêt pour la conservation ne s’explique pas forcément. Il semble inhérent à ma personne et n’a cessé de s’accroître en raison du contexte écologique actuel et des pressions pesant sur les espèces animales et végétales. Au-delà de mes convictions personnelles, je souhaite consacrer ma vie professionnelle à la protection de la biodiversité de notre planète. Je crois en la collaboration et le soutien mutuel des acteurs de la conservation et de ceux qui souhaiteraient le devenir.

A mon sens, le domaine du journalisme scientifique est justement un outil idéal pour informer et sensibiliser. A l’aide de mon double-master, je souhaiterais être un intermédiaire entre la recherche scientifique, parfois peu accessible, trop compliquée, et le grand public.

 

Comment cet intérêt t’a-t-il conduit jusqu’à la création de ton propre projet de conservation ?

Avant de réaliser mon second Master en journalisme scientifique, je « me réserve » une année de transition pour voyager et acquérir de premières expériences en communication. Je vais ainsi passer trois mois en Amérique Latine (du 8 décembre 2014 au 8 mars 2015). Je ne pars pas seule, Bastian sera à mes côtés. C’est un charmant allemand qui n’a pas les deux pieds dans le domaine de la biologie animale mais qui m’accompagnera durant ce projet.

 

A ce propos, peux-tu nous en dire un peu plus au sujet de ce projet, intitulé " Tres Meses en America Latina " (Trois mois en Amérique latine) ?

Le premier aspect de ce voyage concerne notre envie de découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures. Le second aspect, plus personnel, est de profiter de cette belle occasion de voyage pour rencontrer des structures de conservation de la biodiversité, de les faire connaître et de les valoriser. Tres Meses en América Latina est mon carnet de voyage numérique. Il constitue un  lieu de partage et d’échange. Au sein de ce blog, je donnerai des nouvelles, je raconterai nos péripéties et je rédigerai des articles concernant nos visites de structures environnementales. Ces derniers pourront être présentés sous forme d’interviews de scientifiques, d’acteurs de la conservation ou de présentation de programmes, d’espèces…

 

Quels sont les grands objectifs de cette mission ?

Cette aventure regroupe plusieurs dimensions : la découverte des pays avec leurs paysages, leurs populations, leurs cultures, leurs arts de vivre … et la découverte de structures hébergeant des programmes de conservation de la biodiversité.

 

A quelques jours du grand départ, où en es-tu dans les préparatifs ? Des anecdotes que tu souhaites partager avec nous ?

A quelques jours du départ, un bouillonnement intérieur s’empare de nous. C’est un mélange d’impatience, d’excitation et, il faut bien l’avouer, d’un peu de stress. Chacun s’affère aux préparatifs : derniers achats, constitution des bagages, préparation du matériel, lectures et collectes d’informations sur les pays ciblés, prises de contact avec différentes structures, avancement dans le blog Tres meses en América Latina.

Au fil des jours, des points d’intérêts (signalés par les gommettes) s’ajoutent à notre carte. Les points rouges correspondent plus particulièrement aux structures environnementales

Les piles d’affaires à emmener avec nous s’étoffent également. Des affaires étanches, aussi bien pour les sacs à dos et pour nous (à gauche), aux produits médicaux (à droite), en passant par les différentes paires de chaussures, les tenues chaudes, les tenues plus légères, les documents importants, les carnets et crayons, les livres, le matériel de type : appareils photos, lampe frontale, chargeurs, adaptateurs et les serviettes … tout doit passer dans les sacs ! (les photos de ceux-ci bouclés arriveront par la suite).

 

A quoi ressemble ton itinéraire prévisionnel ? As-tu déjà de grandes étapes, des immanquables en tête ?

Pour la première partie de l’itinéraire, que nous estimons à environ 1 mois et demi, nous prévoyons de relier la ville de Sao Paulo (Est du Brésil) à celle de Lima (Ouest du Pérou). Ce trajet constitue une ligne directrice qui peut être légèrement modifiée ou ajustée au fil du périple. Cet « ajustement » peut, par exemple, dépendre des futures réponses de la part des structures environnementales, en espérant qu’elles soient nombreuses et positives.

Nous avons bien conscience que de longues distances séparent les deux villes, nous allons passer de nombreuses heures dans les transports mais nous souhaitons également, et heureusement, réaliser certaines pauses. Nous allons effectuer une semaine de Woofing dans une ferme biologique à Rolândia (Brésil). Là-bas, nous participerons à la culture des fruits tropicaux, tout cela dans le respect de l’environnement. L’Amérique Latine regorge de réserves naturelles et nous avons bien l’intention de les découvrir.

 

Pourquoi avoir choisi cet itinéraire, cette région du monde ?

L’Amérique du Sud est une région du monde que ni Bastian, ni moi ne connaissons et que nous avons envie de découvrir. L’itinéraire s’est construit au fil de nos discussions. Du point de vue de la conservation, l’Amérique latine joue un rôle clef. L’Amazonie notamment, représente un sanctuaire de biodiversité unique au monde, tant par la diversité et l’endémisme des espèces qu’elle abrite.

En revanche, cette partie du monde est aussi très menacée, sujette à de fortes pressions exercées par la déforestation, l’expansion des terres agricoles, l’exploitation minière… Dans ce contexte, des petites mains vertes tentent de protéger l’environnement de cette région. Je trouve qu’il est essentiel de les soutenir et de faire connaître leurs actions.

 

Sur quelles espèces animales menacées, quels territoires souhaites-tu te focaliser ?

Malheureusement, la liste des espèces menacées d’Amérique Latine est longue. Je souhaiterais plus particulièrement m’arrêter sur le cas de certains primates tels que le Singe laineux à queue jaune (Oreonax flavicauda). Endémique du Pérou, en danger critique d’extinction, cette espèce fait l’objet d’un programme de conservation mené par l‘association Neotropical Primate Conservation.

 

Au Paraguay, très peu d’études ont été réalisées sur le Capucin de la Forêt Atlantique (Cebus libidinosus paraguayanus) dont le statut de conservation n’est pas établi à ce jour, cas rare chez les primates. Les scientifiques estiment néanmoins que l’espèce serait lourdement affectée par la déforestation. Le chercheur Jonny Miller tente d’en apprendre d’avantage et je compte bien le rencontrer.

 

En Bolivie, dans une région bien particulière du centre-ouest du pays, se trouve le Ara de Lafresnaye (Ara rubrogenys), une espèce de perroquet que l’association Armonia tente de sauver de l’extinction. Je prévois de visiter leurs structures et d’en apprendre plus sur leur travail.

 

Enfin, plus petit, moins charismatique mais tout aussi menacé, le papillon Actinote zikani, qui a élu domicile dans la forêt brésilienne au sud de Sao Paulo, mérite notre attention. Je n’ai cependant pas encore trouvé de programme de conservation le concernant.

 

Conserv-Action t’apporte son soutien dans ce projet, notamment grâce à l’expérience accumulée lors de l’Expédition Biodiversité 2013. Quelle(s) forme(s) prend ce soutien ?

Barbara et Julien m’apportent et m’apporteront un soutien considérable pour ce projet. En amont, nous avons discuté et préparé certains documents tels que des courriers de prise de contact avec les organisations. Pendant la durée du séjour, ils suivront les différentes étapes et je pourrai les consulter pour tout questionnement. En aval, nous pourrons présenter ensemble le projet. Autrement dit, Conserv-Action apporte crédibilité et visibilité à ce projet.

 

Par quels moyens allons-nous pouvoir te suivre dans cette aventure ?

Le meilleur moyen pour suivre cette aventure se fait par l’intermédiaire du blog, que je tenterai de mettre à jour régulièrement (cela dépendra des connexions internet). Avec Barbara et Julien nous allons également développer un complément d’information sur Facebook et, peut-être, sur Instagram. Des articles seront également publiés régulièrement sur le blog de Conserv-Action.

 

Des choses sont-elles déjà en préparation pour ton retour ?

C’est une question que nous avons déjà abordée avec les fondateurs de Conserv-action et que nous allons continuer à élaborer. Plusieurs possibilités de communication et de sensibilisation s’offrent à nous, aussi bien en France qu’en Allemagne (où je vis). Patience, nous vous en dirons bientôt plus…

 

Merci Ludmilla, bon courage dans les derniers préparatifs et à très vite en Amérique du Sud !

Le blog Tres meses en America Latina c'est par ici : http://tresmesesenamericalatina.blogspot.fr/

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